Samedi 25 novembre 2006

Voici le souvenir des bellis perennis
Que tu cueillais jadis dans ta robe de lin,
Etant toi même aussi de celles qui fleurissent,
Je venais te cueillir en te prenant la main.

Le bonheur de ces lieux ferait force de loi,
Les corbeilles de fruits et les joueurs de luth,
Si ce monde parfait ne contenait déjà,
Imperceptiblement, les ferments de sa chute.

A proprement parler, la blancheur de tes rêves,
Exprimait le sursis de notre condition..
Mais qui pouvait savoir que les rires s’élèvent
Pour retomber plus bas que les rêves ne sont.

Laisse-toi donc bercer par les joies du silence,
Considère la vie comme un simple trésor
Et juge la laideur de notre déchéance
Comme un dieu peut juger la beauté de sa mort.

par Kimberley Morgenstern publié dans : Poésie
Dimanche 27 août 2006


La pluie s’abattait sur le bitume chaud créant une atmosphère d’empire en phase de repentence . Le crépitement des gouttes, paradoxalement sec, était constitué d’une infinité de variations aléatoires donnant l’impression d’un signal continu, presque électrique. On aurait pu croire que ce signal était bâti sur le principe d’une onde récurrente révélant la beauté d’un chant sacré à qui savait l’écouter.

 En s’arrêtant, elle avait figé  le temps. Elle se tenait droite, immobile, majestueuse comme une déesse de marbre blanc dans l’humeur d’un réverbère qui distillait chaque grain de lumière méthodiquement dans chaque grain de pluie afin de  pisser  son halo de misère jusqu’à la dernière goutte.

D’aucun aurait pu s’agenouiller devant l’apparition de la Saint Vierge Marie Pleine de Grâce mais le lieu ne se prêtait guère à ce genre de fantaisie. Et quels manquements aux procédures protocolaires, quel déni de classe que d’apparaître sur le trottoir d’une gare. Elle n’était pas, non plus, une amatrice éclairée de la Question Aristotélicienne en quête de sensation tarifées.

Le cynisme de son regard trahissait l’innocence perdue de son âme, c’est à dire la dualité stricte d’éléments complémentaires : l’ombre et la lumière, l’espoir et le désespoir, une chose et son contraire.  Elle appartenait à la cohorte d’entités biologiques, conscientes d’elles mêmes et engluées dans la résurrection perpétuelle des jours ordinaires.
Elle se remit à marcher subitement et disparut derrière le rideau de pluie : le temps reprit son cours.

par Kimberley Morgenstern publié dans : Textes
Dimanche 27 août 2006

La nature humaine a ceci d’intéressant, c’est qu’elle refuse de se laisser enfermer dans une quelconque définition. La façon la plus  objective de l’appréhender est de considérer l’homme en tant qu’entité biologique. Il est donc relativement aisé de le résumer à un tableau de statistiques. Etudié donc, sous l’angle anthropométrique, nous serons curieux d’apprendre que la distance qui sépare l’index du pouce d’un Homo Sapiens français quand les doigts sont écartés est de 16 cm. Voilà exprimée de la façon la plus simple qui soit, un bref extrait de la nature humaine. De cela peut découler une certaine idée de la perfection à atteindre si l’on veut bien admettre que la perfection se doit d’épouser totalement les courbes de la normalité mesurable. Cet aspect quasi-mathématique de la nature humaine, chiffrable, quantifiable produit une base de données appréciable sur un plan médical, permettant à juste titre de diagnostiquer des dysfonctionnements et sur le plan anthropologique puisqu’il permet, par exemple, à l’archéologue de déterminer les appartenances d’un squelette à telle ou telle famille de primate. Il faut, cependant, veiller à ce que ce genre d’informations ne servent pas à la propagande des idéologies eugénistes, et même dans le cas où elles émaneraient d’un cerveau humaniste se prônant le chantre de l’amélioration médicale par la sélection des éléments les plus sains à des fins reproductrices, il faut bien prendre conscience que la mise en place d’un tel système est moralement inacceptable puisque remettant en cause le droit fondamental que possède l’être humain de se reproduire, droit dont la négation reviendrait à parapher les alinéas d’une constitution  totalitaire. La volonté politique qui consiste à élaborer des critères d’ « anormalité » en fonction des maladies amène  , dans un second temps, à un flot de discriminations relatives aux façons de penser, aux croyances et à la couleur de peau.  
L’homme est autre chose, bien entendu, qu’un nombre d’or et il faut surtout le définir par son potentiel d’exploration : il explore l’art, la science et l’espace. Son intelligence lui permet de s’extirper de la gravité en fabriquant un avion. Par définition, il devient donc un animal volant, considérant que ce progrès est le fruit de son intelligence. Il a aussi conquis ses lettres de noblesse en tant qu’animal marin, sous-marin, spatial …. L’homme a cette faculté d’étendre le champ de sa nature.

par Kimberley Morgenstern publié dans : Vagabondages
Mercredi 2 août 2006

Ainsi, je viens à toi, sans masque ni façon,
Tel un pauvre qui n’a que les mots pour richesse,
Les mots choisis qu’on offre en guise de pardon
Et pour la circonstance, aux reines qu’on délaisse.

A mes yeux s’offre qui, de l’ombre s’extirpant,
Fut mienne au temps jadis et pauvre lucifuge.
La belle aux yeux sacrés et bouche à l’avenant
S’avance dans sa robe et qui sera mon juge.

Des odalisques nues au nectar de calices,
Le goût des chairs perdues me revient doucement :

Mémoire, n’erre point pour perdre ces délices
Et ivre de parfum, dérobe toi au temps,

Car l’histoire, il écrit de la mèche et du feu,
Ainsi, brûlé, je viens sans masque ni façon,
Et même si je fus cet homme sans aveu,
Je fus ton roi surtout et digne d'un pardon !

par Kimberley Morgenstern publié dans : Vagabondages
Mercredi 26 juillet 2006



 







 


Le cadre peut être considéré comme un élément représentatif de la culture bourgeoise à son apogée même si l’art est dégénéré, on considère qu’il est bourgeois à partir du moment où il est récupéré, c’est à dire d’une certaine façon, encadré.
Le principe qui consiste à peindre un élément figuratif monochrome sur un fond de la même couleur allie deux tendances fondamentalement contradictoires, l’eau avec le feu, à savoir la figuration avec l’abstraction. Ainsi, je peux  représenter l’infinité des paysages, des portraits, des natures mortes … sur un fond de même couleur . Ce bleu sur bleu est donc la déclinaison d'un paradigme imaginé par le spectateur.

par Kimberley Morgenstern publié dans : Vagabondages

Ave Verum Corpus

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