Mercredi 2 août 2006

Ainsi, je viens à toi, sans masque ni façon,
Tel un pauvre qui n’a que les mots pour richesse,
Les mots choisis qu’on offre en guise de pardon
Et pour la circonstance, aux reines qu’on délaisse.

A mes yeux s’offre qui, de l’ombre s’extirpant,
Fut mienne au temps jadis et pauvre lucifuge.
La belle aux yeux sacrés et bouche à l’avenant
S’avance dans sa robe et qui sera mon juge.

Des odalisques nues au nectar de calices,
Le goût des chairs perdues me revient doucement :

Mémoire, n’erre point pour perdre ces délices
Et ivre de parfum, dérobe toi au temps,

Car l’histoire, il écrit de la mèche et du feu,
Ainsi, brûlé, je viens sans masque ni façon,
Et même si je fus cet homme sans aveu,
Je fus ton roi surtout et digne d'un pardon !

par Kimberley Morgenstern publié dans : Vagabondages
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