
Voici le souvenir des bellis perennis
Que tu cueillais jadis dans ta robe de lin,
Etant toi même aussi de celles qui fleurissent,
Je venais te cueillir en te prenant la main.
Le bonheur de ces lieux ferait force de loi,
Les corbeilles de fruits et les joueurs de luth,
Si ce monde parfait ne contenait déjà,
Imperceptiblement, les ferments de sa chute.
A proprement parler, la blancheur de tes rêves,
Exprimait le sursis de notre condition..
Mais qui pouvait savoir que les rires s’élèvent
Pour retomber plus bas que les rêves ne sont.
Laisse-toi donc bercer par les joies du silence,
Considère la vie comme un simple trésor
Et juge la laideur de notre déchéance
Comme un dieu peut juger la beauté de sa mort.
par Kimberley Morgenstern
publié dans :
Poésie